Les paniers
de Pépé Maurice

Paniers en osier brut et osier écorcé

Mon grand-père m’a tout appris ! Avant d’avoir l’âge de « donner la main » aux travaux de la ferme d’élevage, je l’accompagne souvent dans son quotidien. Ne participant plus guère aux activités de force sur l’exploitation agricole, il passe de longues heures au jardin potager et au verger, à s’occuper de ses ruches ou à pratiquer la vannerie entre autres. Il savait tout faire mais je ne m’en rendais pas compte, si jeunot que j’étais !

Paniers et rasses (grande contenance). Osier brut

La fabrication ou/et la réparation des paniers se faisait pendant la période hivernale il me semble, à moins que ma mémoire défaille ! Les paniers et rasses (paniers à grande capacité munis d’une poignée à chaque extrémité) servaient aux récoltes de pommes de terre, topinambours, betteraves fourragères… mais aussi pour la collecte des œufs, des fruits ou autres menus transports. Mon grand-père s’installait le soir dans la grande pièce principale près de la « cuisinière » à bois. La journée, il travaillait dans une annexe qu’on appelait communément la « vieille maison ».

Travail à la plane de charron

Je le voyais peler puis râper inlassablement à la plane ou bien au couteau les baguettes de noisetier jusqu’à ce qu’elles aient la bonne forme et la bonne dimension.

Ses paniers étaient fabriqués en osier brut ou écorcé et en noisetier ou châtaignier pour les anses et armatures. Les baguettes d’osier étaient coupées sur les saules bien avant leur utilisation. L’osier brut est un osier qui subit peu de transformation avant d’être travaillé. Il s’agit d’osier vert qui s’est déshydraté pendant 2 à 3 mois, parfois plus selon les conditions et la ventilation.

Le saule, producteur d’osier

Au moment opportun, elles étaient mises à tremper quelques temps pour leur redonner de la souplesse. L’osier brut nécessite un trempage plus important du fait de la présence de l’écorce. Il doit reposer au minimum une semaine dans de l’eau froide, mais le processus peut être réduit à 2 jours en utilisant de l’eau chaude. Chez nous, les ousières (l’osier) trempaient dans une grosse marmite à crémaillère ou dans des seaux.

Les armatures et anses étaient taillées dans le bois de noisetier ou de châtaignier, aplaties à la plane de charron et affûtées aux extrémités. Une fois l’armature du panier terminée, le tressage de l’osier pouvait commencer.

Utilisation du fendoir : scinder le brin d’osier en 3 ou 4 parties

Les brins d’osier étaient refendus en 3 ou 4 morceaux à l’aide d’un fendoir. L’osier était utilisé soit entier pour les paniers ou rasses de l’exploitation soit écorcé pour les utilisations plus ménagères (paniers à courses qu’on appelait commissions).

Ces paniers fabrication maison duraient très longtemps si l’on prenait soin de ne pas les laisser séjourner au sol, sur la terre. Généralement, ils étaient suspendus par leurs anses au plafond ou sur les clayettes de la cave.

Je regrette beaucoup de ne pas avoir pratiqué la vannerie avec mon grand-père. Mais je connais tous ses gestes, j’entends tous les bruits de l’osier, du bois de noisetier.  Je l’ai tellement regardé travailler qu’il me semble possible de le faire à mon tour. Tiens, voilà un beau challenge à relever !

Pour en savoir plus sur la vannerie :
oseraie du possible
livres à lire

NB. Toutes les photos de ce blog sont le fruit de mes recherches sur internet. Elles ont été choisies minutieusement et au plus approchant et ressemblant des réalisations de mon « pépé Maurice ».

2 réponses

  1. Mais quelle balade sympa et instructive avec un petit goût d’antan !! Quand on était gamins et que les pépés savaient nous captiver avec leurs enseignements !!! Grand merci Gege

    1. Merci pour ce petit commentaire Martine. Oui nos aîeux savaient nous communiquer leurs connaissances, leurs émotions… Un exemple : je me souviens comme si c’était hier que, quand mon grand-père Maurice me donnait la main pour aller chercher les moutons par exemple (j’avais 5-6 ans donc ça remonte aux années 60) il me serrait la main, puis relâchait un peu, puis resserrait… comme s’il avait peur de m’écraser les doigts ! Je me souviens de ça comme si c’était hier ! Et pourtant…

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